Le confort de la nudité – 1/6 – Le corps nu n’est qu’un corps nu

Le confort de la nudité – 1/6 – Le corps nu n’est qu’un corps nu

On me pose souvent la question du pourquoi je suis naturiste. La première réponse qui me vient à l’esprit est le confort. Je vous propose dans cette série de six articles de réfléchir à ce qui provoque ce confort. Ils sont un compléments plus approfondis sur la relation à notre corps à l’article 10 façons d’être confortable avec le naturisme écrit il y a quelque temps maintenant. Il convient bien sûr de laisser de côté l’association sexualité-nudité, pour ne se focaliser que sur la nudité simple hors de tout contexte sexuel. Mon objectif est de déconstruire la relation à notre corps généralement imposée par la société, la religion, la culture ou l’éducation, pour la reconstruire comme simple, harmonieuse et naturelle.

Mettez-vous nu·e

Allez dans votre salle de bain, fermez la porte, déshabillez-vous, complètement, y compris vos bijoux. Ne gardez rien si possible. Si vous avez des piercings, vous pouvez les garder. Maintenant regardez-vous dans le miroir. Si vous avez un miroir en pied, l’exercice est encore mieux. Que voyez-vous ? Votre enveloppe corporelle ! Votre corps. A aucun moment le miroir ne vous renvoit vos idées, vos entrailles ou vos pensées. Il ne vous renvoie que l’image de votre corps… nu.

Prenez un moment pour regarder votre corps nu. Pour beaucoup de personnes, il s’agit de la première fois. La première fois que vous vous observez, comme vous observeriez un animal ou un paysage nouveau. Soyez curieux·se, regardez-vous bien ! Appréciez chaque centimètre carré de votre corps, y compris les parties souvent considérées comme « sales » : la poitrine, les parties génitales, les fesses… Tournez-vous, observez et aimez ce corps qui héberge votre âme.

Après quelques minutes d’observation, demandez-vous ce que vous voyez. La réponse est simple : votre corps nu. Rien de plus. Votre corps nu est juste un corps nu, avec ses qualités et ses défauts. Il y a certainement certaines parties que vous aimerez plus que d’autres. Il est aussi possible que vous n’aimiez rien de votre corps. Que vous le trouviez trop ceci ou pas assez cela. Si ces pensées sont normales, arrêtez-vous quelques instants et posez-vous la question du pourquoi ces pensées viennent à vous. Ne serait-ce pas une réflexion de votre conjoint, de vos frères et sœurs ou d’amis ? Ne faites-vous pas une comparaison avec ces corps parfaits vus dans les magazines ou les films ? Remémorez-vous une journée à la plage ou à la piscine. Y avez-vous vu des corps « plastiquement parfaits » ou des gens normaux avec leurs qualités et leurs défauts ? Sans doute plus de gens « normaux » que de parfaits, n’est-ce pas ?

Aimez votre corps !

C’est bien un des nœuds du problèmes que nous verrons un peu plus tard. Nous ne pouvons pas nous empêcher de comparer inconsciemment ou non, et donc de ne pas aimer ce corps qui est le nôtre. Loin de moi l’idée d’accepter par résignation. On peut vouloir maigrir, grossir, perdre ses poignées d’amour ou sa cellulite, tout en appréciant le corps que nous avons aujourd’hui.

Regardez-vous encore dans ce miroir et forcez-vous à oublier toutes ces pensées négatives sur les défauts visibles de votre corps. Dites-vous que tous les êtres humains sans exception ont des défauts, qu’aucun n’est parfait. Souriez-vous, aimez-vous, aimez ce corps dont le miroir vous renvoie l’image. Ce corps nu que vous voyez, votre corps nu est simplement cela, un corps nu. Le même corps que tous les êtres humains de cette planète. Nous sommes tous fait pareil. Pourtant, quand nous regardons les corps sur une plage, et encore plus si elle est naturiste, nous voyons une diversité impressionnante de corps. Chaque être est unique et tous sont différents. Différents et pourtant semblables. C’est le fondement de cet exercice d’observation. Vous vous voyez nu·e dans ce miroir et vous voyez tout de suite vos différences. Oubliez ces différences. Ne voyez que les similitudes. Ce corps nu est identique à tous les autres corps nus. Au final, un corps nu n’est qu’un corps nu, rien de plus et rien de moins.

Être nu·e est naturel

Si vous en avez le courage, ouvrez la porte de votre salle de bain et parcourez votre appartement ou votre maison nu·e. Si vous n’êtes pas naturiste, vous risquez de ressentir une gêne, une transgression, un malaise. L’idée que vous ne pouvez pas être nu·e dans votre chez-vous va certainement envahir votre cerveau. Et si quelqu’un survenait et vous voyait, allez-vous vous dire ? Que penserait-il·elle ? Chassez ces pensées et continuez à parcourir votre chez-vous en vous disant que nous ne faites rien de mal, vous êtes simplement nu·e. Si l’anxiété que vous ressentez est trop grande, retournez dans votre chambre et habillez-vous. L’objectif n’est pas de vous mettre mal à l’aise, mais de changer votre perception de la nudité simple. Recommencez demain et les autres jours, jusqu’à ce que le simple fait d’être nu·e chez vous soit normal et naturel.

Impossible, direz-vous ! Cela est pourtant possible pour des millions de naturistes. Si vous voulez vraiment changer votre regard sur la nudité et le naturisme, dites-vous que cela est possible et refaites l’exercice précédent tous les jours, dans l’intimité de votre chez-vous et laissez le temps faire son œuvre. Au bout de quelques jours ou quelques semaines, vous aurez changé votre enregistrement personnel et verrez votre corps nu comme un corps nu et votre propre nudité comme tout simplement normal. Il est alors temps de passer à la seconde étape : assimiler la nudité à la liberté, que nous verrons la semaine prochaine.

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