La randonue. 11 conseils sur où et comment la pratiquer

La randonue. 11 conseils sur où et comment la pratiquer

Que vous soyez ou non naturiste, vous avez peut-être entendu parler de la randonnée naturiste, aussi appelée randonue. En quelques mots simples, la randonue est une randonnée tout ce qu’il y a de plus classique, à ceci qu’elle se pratique nu. Oui, vous avez bien lu, nu, sans chemise, sans pantalon !

Cette activité naturiste a de plus en plus d’adeptes et gagne petit à petit sa légitimité auprès des randonneurs. Cependant, comme elle se déroule en dehors des centres et des zones naturistes officiels, elle nécessite un peu de connaissance pour être pratiquée sans se retrouver face à la maréchaussée.

Randonner nu, est-ce autorisé ?

En France et comme le dit à juste titre le site Droit et Naturisme, « la nudité est interdite là où elle n’est pas autorisée ! ». En dehors, des centres et des zones naturistes officiels, pas de nudité. Cependant, une page du même site dédiée à la randonue donne le ton. Si le risque pénal n’est pas totalement écarté, il apparait extrêmement limité.

L’auteur nous en donne trois raisons :

  1. une raréfaction des promeneurs horrifiés à la vue de randonneurs nus ;
  2. des forces de l’ordre qui ont d’autres dossiers bien plus importants ;
  3. les précautions prises par les randonueurs pour minimiser les rencontres.

Donc pour répondre à la question de l’intertitre, randonner nu n’est pas autorisé par la loi. La loi (article 222-32) ne sépare cependant pas la nudité simple de l’exhibition sexuelle. La randonue est une activitié naturiste, donc non sexuelle. Une majorité de randonueurs ne considère donc pas leur nudité relever de cet article. C’est cependant à un juge d’en décider et pour le moment l’absence de procès fait pencher pour un risque limité.

Il est à noter que dans certains pays européens, comme l’Espagne ou l’Allemagne, il est parfaitement légal de pratiquer la randonue sans aucun risque légal. D’autres, comme la Grande Bretagne ou la Belgique, ont des législations proches de celles de la France. Enfin, dans d’autres comme les États-Unis, il faut s’en remettre aux législations de chacun des états.

Ceci étant dit et compris, la randonue nous attend. Voyons donc où la pratiquer et les précautions d’usage pour conserver ce risque à son plus bas niveau.

Alors, on va où ?

On va sur un chemin de randonnée ! La randonue est une randonnée comme les autres. Un bon topoguide, une carte, une boussole ou un GPS et le tour est joué. Pas tout à fait. Car nous devons rentrer dans le domaine des précautions d’usage. En voici trois qui semblent pleines de bon sens :

  1. Choisir des chemins peu fréquentés. Certains chemins de grandes ou petites randonnées sont de véritables autoroutes, particulièrement pendant les vacances et les week-ends. A proscrire dans un premier temps. Un tour sur les réseaux sociaux ou sur le site sentiers-en-France.eu vous permettra d’avoir une idée. Les boucles de plus de 10 kilomètres en montagne et 15 kilomètres en plaine attirent aussi moins de monde. Si vous êtes en bonne forme physique, c’est un choix à considérer.
  2. Choisir des horaires adaptés. Tôt le matin en été ou dans la semaine hors vacances scolaires est généralement un bon choix. Peu de gens à ces moments-là. A choisir donc en priorité. Éviter cependant les périodes de chasse. Non seulement le risque de recevoir une cartouche perdue n’est pas nul, mais chasse et naturisme ne font généralement pas bon ménage.
  3. Randonner en groupe. Deux, trois ou cinq personnes nues passent bien mieux qu’un homme tout seul. Je sais que ce n’est pas juste pour les randonueurs seuls, mais il est difficile de tordre le cou aux préjudices. Cela ne doit pas empêcher de partir seul si vous ne trouvez pas de compagnon. Mais l’effet de groupe marche à plein.

Ça y est ? Vous avez trouvé le chemin idéal, l’horaire parfait et les compagnons de randonue. Alors, préparons-nous !

Que prendre avec soi en randonue ?

Comme pour toute randonnée, un peu de bon sens campagnard :

  1. De l’eau ! Beaucoup d’eau s’il fait chaud. J’ai tendance à calculer un demi litre par personne et par heure. Même pour une randonnée de six heures, cela ne fait que trois kilos dans le sac à dos. Et ça diminue au fil de la journée !
  2. Une bonne paire de chaussures. Certains marchent pieds nus, bon courage sur les chemins empierrés. Je préfère une bonne paire de chaussures de marche pour les randos très longues (plus de 8 heures) ou des Vibram Five Fingers pour les plus courtes. Les Five Fingers ont l’immense avantage d’être légères aux pieds et donner l’impression d’être pieds nus, sans les risques de coupures.
  3. Un couvre-chef. Cela permet de faire un peu d’ombre sur le visage. Et surtout d’éviter les insolations. Par ailleurs, rien de plus agréable que de tremper sa casquette dans l’eau claire d’un ruisseau pour garder la tête fraiche !
  4. Un casse-croute. Même si la rando ne vous fait passer le déjeuner sur un chemin, s’arrêter pour croquer dans une pomme assis face à un paysage magnifique est un moyen de reprendre des forces. Marcher longtemps consomme de l’énergie. Se nourrir correctement est donc indispensable.
  5. Un short rapide ou un paréo. Euh, un short rapide ? C’est quoi ? C’est un short dont que aurez pris soin de découper et d’y ajouter un velcro pour pouvoir le mettre et l’enlever comme une jupe (un exemple est fourni sur le site vivonsnus.com ici). Certains randonueurs remettent aussi le kilt au gout du jour. Le short, la jupe ou le paréo vous permettra de vous revêtir rapidement en cas de rencontre houleuse ou de traversée de zones fréquentées comme villages ou routes. Pour les femmes, un paréo noué au-dessus de la poitrine est un excellent et simple choix.
  6. Une trousse de premier secours et de la crème solaire. On veut la vitamine D, mais pas les coups de soleil !
  7. Un K-way et des vêtements chauds en cas de changement de temps soudain. Bien évidemment, adaptez ces vêtements au climat dans lequel vous allez randonner. Mais souvenez-vous qu’un orage en montagne peut faire chuter la température d’une dizaine de degrés en quelques minutes. Et que le vent qui se lève peut aussi faire baisser la température ressentie. Mieux vaut mettre quelques vêtements au fond du sac et ne pas en avoir besoin que de ne pas en avoir et de se retrouver frigorifié !
  8. Un sac à dos confortable.

On met tout l’attirail dans le sac. On vérifie tout une dernière fois. Et on y va !

Quand on partait sur les chemins…

Si vous suivez un chemin balisé, le nombre de voitures sur le parking de départ va vous renseigner sur la fréquentation. Il n’y en a aucune ? Génial ! Vous allez pouvoir tomber le pantalon rapidement, voire dès le parking. L’idéal ! Quelques-unes ? Il va falloir être un peu plus prudent, sans tomber dans la paranoïa.

Les boucles ont généralement un sens privilégié (celui fournit par le guide). La majorité des randonneurs va donc tourner dans le même sens. Vous avez ainsi peu de risque de croiser qui que ce soit. Vous rattraperez peut-être certains randonneurs. Auquel cas, le short ou la jupe sera le bienvenu.

Les randonneurs sont souvent des gens sympathiques. Un grand sourire et un bonjour sont de bon aloi. Si vous êtes en groupe, rester nu est une option à sérieusement considérer. Cela permet souvent de démarrer de belles conversations avec des randonneurs textiles sur le naturisme et la randonue. Seul, à vous de décider en fonction du contexte.

Il n’est pas rare sur une boucle de ne rencontrer personne. Cela m’arrive plus fréquemment qu’on le pense. Certainement car je choisis chemins et horaires. Je me retrouve donc dans cette limitation du risque que j’évoquais précédemment.

Le plus important est de passer un bon moment, de profiter de la nature, et de respirer à pleins poumons. N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences, commentaires et remarques ci-dessous ! Je vous souhaite de bonnes randonues !

Pour plus d’informations sur la randonue, je ne peux que vous conseiller le merveilleux livre de Richard Foley, Randonue !

2 Replies to “La randonue. 11 conseils sur où et comment la pratiquer”

  1. bonjour,
    je ne suis pas tout a fait d’accord avec cette approche habituelle qui consiste à dire que la randonnue n’est pas autorisée. En fait, n’étant pas évoquée dans la loi, tout comme la nudité en tant que telle, elle n’est ni autorisée ni interdite, autrement dit, elle est parfaitement autorisée dès lors qu’elle n’est pas en infraction avec d’autres lois, notamment le fameux article 222-32. On peut la comparer avec le fait d’écouter de la musique qui est limité par la notion de tapage nocturne. C’est vrai que pour des esprits retords, un rando-naturiste prend le risque de correspondre aux 3 critères de l’infraction, soit 1) une exhibition sexuelle, 2) imposée, surtout sur les sentiers de rando, 3) dans un lieu public. Heureusement, de moins en moins de personnes et de juges considèrent la nudité simple comme de l’exhibition sexuelle et un minimum de précaution permet de démontrer qu’il n’y a pas eu de volonté d’imposer sa nudité. Ce qui fait que les plaintes à l’encontre des randonaturistes, à condition bien sûr qu’il n’y ait pas d’autres reproches à faire, sont de plus en plus rares et suivies généralement d’un simple rappel à la loi, ce qui reste néanmoins très traumatisant.
    en conclusion, pour développer la pratique de la randonue, il faut insister sur le fait que rien ne l’interdit mais, comme de nombreuses autres activités, qu’elle est limitée et encadrées par des lois, notamment la 222-32 et que moyennant le respect de quelques principes (mieux que précautions !), elle ne peut pas faire l’objet d’objection légale. J’ai l’habitude de dire qu’entre le droit de s’habiller comme on veux, y compris d’être nu et le droit de ne pas se faire imposer la nudité d’autrui, la justice privilégie ce dernier, ce qui est parfaitement légitime. il faut juste le savoir et le respecter quand on pratique la randonue.

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