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    NUDE : Nude’s Undressed Daily Existence

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    Ce texte part d’une petite plaisanterie de passionné d’informatique.

    Dans le monde du logiciel, `GNU` est connu comme un acronyme récursif : `GNU’s Not Unix`. La première lettre renvoie au mot entier, qui renvoie à son tour à la première lettre. Le jeu se replie sur lui-même. Il ne sert pas seulement d’étiquette ; il contient aussi une petite déclaration d’indépendance. Nous pouvons ressembler à quelque chose que vous connaissez déjà, semble-t-il dire, mais ne nous confondez pas avec cette chose.

    Je me suis alors demandé si `NUDE` pouvait fonctionner de la même manière.

    Ce n’était pas un exercice technique sérieux. Plutôt un plaisir de langage, le genre de jeu auquel j’aime me livrer avec mon café du matin lorsque je travaille sur des textes naturistes.

    Après quelques minutes, une formule est apparue : `NUDE: Nude’s Undressed Daily Existence.`

    Je la conserve ici en anglais, parce que c’est dans cette langue que les quatre lettres fonctionnent. On pourrait en rendre l’idée par « l’existence quotidienne vécue nue », mais ce ne serait plus l’acronyme `NUDE`. Il vaut mieux garder le jeu de mots original et en ouvrir le sens en français, comme pour `GNU`.

    La formule est légèrement absurde. Elle m’a pourtant fait sourire.

    Le premier mot se reprend lui-même, comme tout acronyme récursif digne de ce nom. `Nude` commence `NUDE`. Mais la suite dit quelque chose d’important. Elle refuse de faire de la nudité un événement dramatique. Elle l’éloigne du spectacle pour la replacer là où le naturisme existe réellement, pour moi comme pour des millions de naturistes : dans la vie quotidienne.

    Beaucoup de personnes textiles imaginent la nudité comme une interruption, un moment privé, ou une situation sexuelle. Quelque chose qui se déroule en marge de la vie ordinaire et qu’il faudrait donc expliquer, défendre, cacher ou rendre sensationnel.

    Le naturisme renverse cette idée. Pour un naturiste, la nudité n’est pas un événement. Elle est souvent l’état dans lequel se déroulent des choses très ordinaires : préparer le café, lire, jardiner, nettoyer une table, parler avec des amis, profiter du soleil ou écrire une phrase. Le corps cesse d’être un argument public à défendre. Il redevient simplement une présence dans la pièce.

    C’est ce que j’aime dans `Nude’s Undressed Daily Existence`.

    La formule ne prétend pas que vivre nu est exotique. Elle dit exactement le contraire. Elle suggère que l’existence elle-même peut se dévêtir un peu ou beaucoup, selon la place que l’on souhaite donner à la nudité. Pour ma part, j’aime lui en donner beaucoup.

    Je ne méprise évidemment pas les vêtements. Ils ont de nombreux usages : chaleur, protection, travail, cérémonie, goût, beauté, jeu, etc. Le naturisme n’est pas une campagne contre les vêtements. Il refuse simplement de croire que seul le corps vêtu serait civilisé, ou que la vie quotidienne devrait toujours être couverte pour être considérée comme respectable.

    Une fois cela compris, l’acronyme devient moins une plaisanterie qu’une petite philosophie. `Nude` ne désigne pas seulement ce que fait le corps. Il décrit ce que peut devenir la vie quotidienne lorsque quelques couches inutiles disparaissent.

    C’est sans doute beaucoup demander à un jeu de mots. Pourtant, les jeux de mots révèlent parfois les présupposés cachés dans la langue. Nous disons qu’une personne est « exposée » lorsque nous la pensons vulnérable. Nous parlons de « couverture » pour évoquer la protection. Nous disons qu’une personne est « correctement habillée » lorsque nous voulons dire qu’elle sera acceptée. Les vêtements continuent de porter un sens social bien après que la météo, la température ou la sécurité ont cessé d’être le sujet.

    Le naturisme n’efface pas magiquement l’insécurité, la hiérarchie, la maladresse, la beauté, l’âge, la vanité, la timidité ou la comparaison. Une pièce où l’on vit nu reste une pièce humaine. Mais elle peut retirer une couche importante de codage social. Aucun vêtement de marque ne prend en charge le début de la conversation. Aucune tenue n’annonce d’avance l’appartenance, le prix, la séduction, le professionnalisme, la rébellion, la pudeur, la classe sociale ou l’ambition.

    Nous savons aussi, comme naturistes, qu’une fois nus, la vie devient parfois plus calme. La vie nue apporte de petites corrections très ordinaires aux fantasmes qu’on projette sur elle. La première leçon n’est pas que l’on devient un philosophe intrépide baigné de soleil. C’est que la chaise est froide, que la serviette est utile, que la crème solaire n’est plus facultative et que personne ne devient spirituellement supérieur parce qu’il a oublié l’existence de la lessive.

    À mes yeux, `Nude’s Undressed Daily Existence` fonctionne parce que la formule laisse au nudisme son humour. Elle ne supplie pas qu’on la prenne au sérieux. Elle commence par sourire, puis défend doucement une idée plus profonde : vivre nu ne consiste pas seulement à retirer ses vêtements. Il s’agit aussi de découvrir ce que devient le quotidien lorsque le corps n’a plus à s’excuser d’être présent et visible, pour soi-même comme pour les autres.

    C’est ici que le mot anglais `daily` (quotidien) prend tout son sens.

    Beaucoup de personnes peuvent imaginer être nues pendant un moment. Elles sont bien moins nombreuses à imaginer que la nudité puisse appartenir à la journée elle-même. Non comme une représentation de la liberté, mais comme une liberté absorbée par la texture ordinaire de la vie.

    C’est pourquoi je reviens souvent à la même conviction sous des formes différentes : le naturisme n’est pas une curiosité placée à la marge de la vie. Il peut devenir une manière d’organiser et de vivre cette vie, jour après jour.

    Il n’est pas nécessaire d’être nu à chaque minute pour que cela compte. La plupart d’entre nous, moi y compris, vivent dans des mondes textiles, avec des voisins, une météo, des lois, un travail, des courses, une famille et toutes les contraintes habituelles de la société. Mais lorsque le naturisme entre dans la vie quotidienne, même partiellement, il en déplace le centre de gravité. C’est du moins ce qu’il a fait pour moi.

    Le corps devient moins difficile à gérer. Le confort dépend de moins de conditions. L’intimité se détache un peu de la honte. La maison ressemble davantage à un foyer. L’amitié porte moins de costume. Même la vie habillée peut devenir un peu moins vêtue dans son esprit.

    Voilà pourquoi cet acronyme me plaît.

    `NUDE` commence par `Nude`, parce que la vie nue commence par l’acceptation du corps. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle se prolonge dans cette Undressed Daily Existence, cette existence quotidienne dévêtue qui contredit l’idée selon laquelle le corps humain ne serait acceptable qu’une fois caché.

    Oui, c’est une petite plaisanterie. Mais pas seulement.

    `NUDE is Nude’s Undressed Daily Existence.`

    Pour un naturiste, cela ressemble presque à un manifeste : une phrase posée sur la table, près du café, assez juste pour qu’on ait envie de la garder.

    Si cette idée vous donne envie de faire du naturisme une manière de vivre plutôt qu’un simple moment de nudité, poursuivez avec Devenir naturiste.

    Soyez nu, restez nu, vivez nu et partagez l’amour du naturisme !

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