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    Randonue à travers des vignobles oubliés

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    Une randonue dans des vignes où la nature reprend lentement le dessus.

    L’an dernier, j’ai suivi un sentier sur une colline couverte de vignes. Certaines étaient encore soigneusement entretenues. D’autres étaient clairement abandonnées. Les vieux ceps se tordaient entre des fils brisés pendant que les plantes sauvages reconquéraient les rangs.

    J’étais venu pour une randonue, mais le paysage a rapidement transformé la marche en autre chose. C’est devenu une exploration silencieuse de la manière dont la nature et l’histoire humaine se remodelent lentement.

    De loin, l’endroit semblait assez ordinaire : des rangées de vignes remontant la pente sous un ciel méditerranéen lumineux. Mais en marchant, l’histoire du lieu est apparue peu à peu. Certaines parcelles restaient vivantes grâce à un travail précis. Les lignes étaient droites, le sol net, les piquets solides. D’autres parcelles, elles, avaient été laissées.

    Les vieux ceps serpentaient entre des fils affaissés. Les plantes sauvages poussaient entre les rangées. La géométrie agricole se dissolvait doucement dans quelque chose de plus naturel. La colline semblait vivre deux vies en même temps.

    Sentier entrant dans les vignes

    Arrivée sur le sentier

    J’étais arrivé tôt le matin au départ du sentier. Comme certains naturistes amateurs de carnudisme (conduite nu) le comprendront, j’étais parti de chez moi déjà nu, avec un short dans le sac au cas où.

    Il y a quelque chose de discrètement libérateur à commencer ainsi. Dès qu’on sort de la voiture, le corps se sent déjà inclus dans le paysage.

    Le sentier était calme. Aucun randonneur, aucune maison proche, seulement le vent dans les vignes et quelques oiseaux.

    Après quelques minutes, il était clair que ce serait l’une de ces marches rares où le monde paraît largement ouvert. J’ai donc continué de la manière que je préfère : nu.

    Le premier bâtiment

    La première ruine est apparue presque par surprise.

    Au milieu d’une parcelle abandonnée se trouvait un petit bâtiment de pierre. Le toit était en partie effondré, les murs usés par les décennies, mais la structure tenait encore.

    L’embrasure de la porte encadrait le ciel bleu.

    Quelqu’un avait construit ce lieu avec une intention. Peut-être un abri de vendangeurs, peut-être un local d’outils pour les longues journées au champ.

    Debout dans cette porte, il était facile d’imaginer la vie d’autrefois.

    Des voix entre les rangs. Des paniers lourds de raisins. Le rythme lent du travail sous le soleil.

    Aujourd’hui, la bâtisse veille sur un champ vide.

    Une seconde ruine

    Plus loin, j’ai trouvé une autre petite construction.

    Plus simple, mais visiblement faite pour la même fonction : un refuge de pierre dans les vignes.

    Autour, les parcelles abandonnées étaient redevenues sauvages. Herbes et buissons reprenaient le sol autrefois traversé par les ouvriers.

    La nature réécrivait patiemment le paysage.

    Ce qui m’a frappé n’était pas seulement la ruine, mais le rythme de la transformation. Rien ne s’était effondré brutalement. Le changement s’était fait par répétition : saisons de vent, de chaleur, de pluie, de racines, d’oubli. Les rangs restaient reconnaissables, mais leur autorité diminuait. La terre n’était plus entièrement organisée par l’intention humaine.

    Ce contraste apparaissait partout sur la colline. Certaines zones gardaient la géométrie nette de la culture active. D’autres se relâchaient. Les lignes devenaient incertaines. L’herbe montait entre les ceps. Les arbustes entraient dans l’espace ouvert. Le lieu ressemblait à une conversation entre ordre et retour.

    Marcher nu dans ce paysage a renforcé cette sensation. Sans vêtements, je ne me sentais pas comme un visiteur observant de loin. Je me sentais davantage dedans, plus honnêtement présent. L’air, la chaleur, la sécheresse du sol, la rugosité des murs arrivaient sans médiation. Le corps ne traversait pas seulement le lieu : il le recevait.

    C’est souvent ce que j’aime le plus dans la randonue. Elle réduit la séparation entre soi et le territoire traversé. On ne devient ni sauvage ni mystique. On devient simplement moins « tamponné ». Dans un endroit où travail humain et reconquête naturelle se voyaient côte à côte, cette proximité rendait la réflexion naturelle.

    À un moment, je me suis arrêté entre deux parcelles, l’une entretenue, l’autre déjà reprise à moitié par le sauvage, et je suis resté là un moment. Sous le ciel vif, il était difficile de ne pas penser au temps : à l’effort que l’humain verse dans un lieu, et à la douceur avec laquelle le monde reprend son rythme quand cet effort cesse.

    Aucune tristesse. Plutôt une humilité calme. La colline ne semblait pas ruinée. Elle semblait vivante sur plusieurs couches d’histoire à la fois.

    Et peut-être parce que je n’avais croisé personne de la matinée, la solitude est devenue plus profonde et plus douce en même temps. Il existe un moment, dans certaines randonnées nues, où l’on cesse d’attendre l’interruption. L’attention arrête de scanner l’horizon. Le corps se pose, et la marche redevient simple. À ce moment-là, je ne pensais même plus au fait d’être nu. Je traversais seulement le soleil, les herbes sèches, la vieille pierre et la patience du terrain.

    Le sentier a fini par revenir vers la voiture.

    Retour à la voiture

    Au parking, j’ai réalisé que je n’avais croisé aucun être humain pendant toute la marche.

    Pas un randonneur. Pas un vigneron. Pas une voix lointaine.

    Cette absence totale de rencontre a donné à la sortie une cohérence rare. Rien n’avait cassé l’ambiance du lieu. L’expérience était restée exactement ce qu’elle voulait être : un passage tranquille entre un passé habité et un présent vivant.

    J’ai posé mon sac dans la voiture, bu un peu d’eau, et je suis resté un instant près de la portière, toujours nu, encore traversé par le calme de la marche. Rien n’obligeait à se rhabiller. J’étais parti ainsi, je pouvais finir ainsi.

    Je suis donc remonté dans la voiture entièrement nu et je suis reparti tel quel.

    Il y a un plaisir particulier après une bonne randonue. La marche est terminée, mais elle ne vous a pas encore totalement quitté. Le corps garde la chaleur du soleil et la mémoire de l’air. L’esprit est plus calme. La route ressemble à la continuité du retour, pas à une rupture.

    En roulant, pendant que les vignes disparaissaient derrière moi, je repensais aux rangs abandonnés, aux abris en ruine, à la persistance silencieuse de la nature qui reprend ce qui avait été minutieusement ordonné. Tout le paysage semblait dire quelque chose de simple : nos traces comptent, mais elles ne sont jamais définitives.

    C’est peut-être aussi l’un des dons cachés du naturisme. Pendant un moment, on cesse de vouloir paraître composé, protégé, terminé. On traverse le monde comme un vivant parmi les vivants. Exposé, temporaire, ordinaire, et pleinement naturel.

    Réflexion

    Les paysages se souviennent de nous plus longtemps qu’on ne l’imagine. Mais la nature continue toujours son travail patient.

    Dénudez-vous, restez nu·e, vivez nu·e et partagez l’amour du naturisme !

    2 Commentaires

    1. Faisant de la randonnue et du Vtt nu, seul faute de trouver des adeptes proche il m’est souvent arrivé de ne plus me rendre compte de ma nudité, dans une sorte d’euphorie ou d’ivresse induite par cette communion avec la nature, le soleil, le vent, au point de prendre des risques.
      Et effectivement prolongation de cette sensation euphorique après la balade, de la même façon qu’après une bonne nuit ou un événement gratifiant. Le même ressenti qu’après une bonne rando textile, mais multiplié par la sensation de liberté, l’absence de frottement vestimentaire, l’évacuation naturelle de là sueur, la communication avec la nature. On ne se sent plus « etranger » ou « dominant » l’environnement, selon son tempérament, mais faisant partie intégrante de la nature, en profitant des sensation vitales de notre corps. C’est la même sensation entre se baigner nu ou avec un maillot de bain.
      Conclusion: « le naturisme, l’essayer c’est l’adopter »

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