Seins nus sur la plage, une évidence… et pourquoi pas la nudité intégrale ?

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topless man in body of water
Photo by mohamedamine abbas on Pexels.com

Les beaux jours sont bientôt de retour et nous allons pouvoir retrouver le chemin des plages. J’ai la chance d’être à relative proximité d’une plage naturiste et pouvoir en profiter dès que les températures remontent de quelques degrés. Pourtant, il serait tellement plus simple de ne pas séparer naturistes et textiles sur les plages. Nous n’en sommes pas là, ne serait-ce à se remémorer de l’affaire des seins nus sur une plage près de Perpignan qui avait fait un peu de bruit à l’été 2020. Deux gendarmes, alertés par une dame dont les enfants étaient « choqués » de voir des femmes bronzer seins nus sur la plage, sont allés demander à ces dernières de se couvrir la poitrine. Cette histoire appelle plusieurs réflexions.

Je ne sais bien évidemment pas la nature du choc de ces enfants, mais je doute qu’il ait été violent et dangereux pour leur santé. Il s’agit sans doute de la projection mentale de la mère sur les enfants. Le rapport à la nudité est une construction mentale et est appris. Un jeune enfant n’a pas de jugement négatif sur un corps nu, au contraire. Combien de bambins préfèrent gambader les fesses à l’air sur une plage sans s’encombrer d’un maillot de bain humide dans lequel rentre le sable ? Il y a alors fort à parier que c’est donc la mère qui a été « choquée » et a utilisé l’argument des enfants pour faire passer l’outrage.

Qu’y a-t-il de réellement choquant à voir une poitrine de femme (ou d’homme) sur la plage ? Est-ce de l’exhibition sexuelle ? Ô que non ! Juste le confort de ne pas porter de soutien-gorge. Celui qui est choqué est celui qui projette sur la poitrine d’autrui une image sexuelle, pas celle qui profite du confort de la dénuder. Si on part du principe que les seins sont une partie du corps comme les autres, il n’y a aucune raison d’être choquée.

Cela est vrai pour le corps entier. L’obligation de mettre un maillot de bain à la plage vient de cette diabolisation de certaines parties du corps labellisées sales. En fait, ce n’est pas le naturiste ou la femme qui est seins nus qu’il faut blâmer, mais celui qui interprète cette nudité comme étant sale. Si je suis nu en train de bronzer sur une plage, suis je dangereux pour la société ? De prime abord non ! Mais si une personne me dénonce et que la police intervient, je deviens un prédateur sexuel. Il s’agit d’une attitude bien connue appelée biais cognitif.

Wikipédia définit le biais cognitif de la façon suivante : tendance systématique à s’écarter de la norme ou de la rationalité dans le jugement, ce qui permet de tirer des conclusions illogiques au sujet d’autres personnes et d’autres situations. Demande-t-on à un nudiste pourquoi il est nu ? Si on le faisait, il ou elle dirait qu’il ou elle se sent bien nu•e, c’est tout. Si maintenant, on demande à un non-nudiste pourquoi un nudiste est nu, il vous répondra peut-être qu’il est exhibitionniste, dérangé ou sans pudeur.

Le point de vue entre les deux est diamétralement opposé. Ce qui est dommage est que celui du nudiste est souvent inaudible tant la honte du corps nu est ancrée dans les esprits. Une verge, une vulve ou une paire de seins sont identifiés comme des organes sexuels à cacher. Pour quelles raisons ? Poser la question à votre entourage et vous n’obtiendrez aucun argument logique autre qu’une variante de : parce que ça ne se fait pas…

En fait, il n’y a aucun argument rationnel contre la nudité simple. On lui oppose des arguments moraux, culturels ou religieux, mais rien de factuel ni de logique. On reste dans l’irrationnel et l’émotionnel. On projette sur la poitrine féminine et les organes génitaux une image exclusivement sexuelle, et on impose de les cacher. Il en va de même avec les cheveux féminins chez certains religieux. On doit les cacher pour les réserver à l’intimité, par pudeur. L’habit est donc avant tout un symbole religieux (le voile existe chez les musulmans, les chrétiens et les juifs soit dit en passant), social ou moral. La nudité partielle ou totale est alors vue comme honteuse !

Pourtant, c’est le regard qui interprète. C’est aussi la fonction des vêtements, de se montrer. Sinon, les marques n’existeraient pas. De fait, être nu est interprété comme se montrer aussi. Pour un naturiste, ce n’est cependant pas cela. La nudité est confortable et peut, oui, être pudique. La Vie au Soleil en a d’ailleurs fait sa une il y a quelque temps. Alors oui, il faut retrouver l’innocence du corps nu, de la nudité simple, apaisée et partagée. Il en va de l’intelligence du vivre ensemble, du respect mutuel et de la fin d’une forme de biais cognitif qui clive et attise la haine de la différence.

Toutes les plages devraient être des zones de tolérances naturistes où la nudité simple pourrait être pratiquée dans la paix et le respect de chacun. Il n’est bien évidemment pas question de transformer toutes les plages en lupanar, mais bien d’accepter que la nudité simple et naturelle retrouve son droit de cité. C’est un rêve sans doute, mais c’est parfois en rêvant qu’on découvre de nouvelles réalités.

Dénudez-vous, restez nu, vivez nu et partagez l’amour du naturisme !

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